Scroll to read more

Avant l’After work, synonyme de lâcher-prise et de rencontres, il y a le Work. Si l’après est devenu aussi populaire et attendu, sa convivialité ne devrait être que le prolongement d’un ressenti global de la journée. Or, selon une étude d’Odoxa (18/06/20), 93 % des Français attendent encore une meilleure réflexion des entreprises sur la qualité de vie au travail (QVT). Dans cette étude, il ressort que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle préoccupe tout de même 96% des gens. Le lien social inspire 89% d’entre-eux, tandis que l’accès aux formations en attire 80%. Enfin, le management à distance passionne 80% d’entre-nous et juste en face, le spectre du Burn-Out angoisse 88% des travailleurs. Difficile d’affirmer alors que le bien-être au travail en 2020 a été une immense réussite. Mais haut les cœurs, le bien-être comme solution anti-crise semble être possible…

Néanmoins, sachez que plus de 200 startups en France sont spécialisées sur la question du bien-être au travail et de la slow life. Dans le cadre de la HappyTech, elles réfléchissent quotidiennement à de nouveaux axes d’amélioration en termes de confort et d’épanouissement au bureau. De façon plus institutionnelle, mais toute aussi active, l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) contribue également aux mutations professionnelles. Ces mutations croisent de plus en plus de facteurs sociaux et familiaux. La popularité du télétravail n’y est certainement pas étrangère. Nous ne travaillons plus comme à l’époque du Taylorisme, même si certaines entreprises s’acharnent peut-être encore à le faire. Aujourd’hui, nous vivons pleinement à l’ère de l’Open Space ou du Flex Office. Si l’organisation interne change profondément, tout comme les techniques managériales, les attentes des employés sont désormais nouvelles. Les intrapreneurs, ces salariés qui profitent de leur entreprise pour développer de nouveaux business innovants et les Slashers, qui ont opté pour une vie professionnelle partagée entre plusieurs activités, prouvent bien que les mentalités évoluent.

Dans tout mal il y a un bien

La vie au travail ne fait que s’adapter à la vie en dehors et à ses aléas, comme l’arrivée du confinement. Il faut des révolutions ou cataclysmes sanitaires ou sociaux pour bousculer les habitudes bien ancrées dans le monde de l’entreprise. Soulignons que l’Homme a cette capacité formidable de s’adapter et de se réinventer, surtout dans les pires des conditions. C’est justement confrontés aux problèmes que nous trouvons de nouvelles solutions et alternatives. On ne peut que s’en féliciter et voir le verre à moitié plein. Citons aussi la redéfinition de l’équité homme/femme que favorise ces chamboulements. L’attention enfin portée aux télétravailleurs, aux papas ou mamans solo ou encore une meilleure compréhension de l’intérêt d’une activité physique dans la performance professionnelle sont aussi des points positifs. Précisons aussi que le bien-être comme solution anti-crise au travail peut aussi se trouver à l’extérieur, en télétravail.

Les instituts du bien-être durable nous rechargent en énergie

Une crise à toujours deux effets : l’action et la réaction, le choc et l’offensive. Ce sont dans les moments de crise que nous nous rappelons les bienfaits de l’intelligence collective, de l’optimisme, de la créativité et de la bienveillance. Si beaucoup d’employés performent en condition de stress, source d’adrénaline et de défi personnel (deadline, bug ou crise), j’ai la nette impression que ce stimulus impacte bon nombre d’entre-nous et inspire les startups de la HappyTech. Un certain pourcentage d’employés ont tendance à se montrer plus inventifs et productifs face à l’inéluctable ou l’imprévu. D’autres, au contraire, vont réagir à l’inverse et tomber dans la dépression et le fatalisme avec une baisse flagrante de productivité et de motivation.

Cette disparité entre nous impose aux services RH et aux chefs d’entreprise d’être particulièrement vigilants au bien-être de leurs employés. Déjà angoissés par les médias, les rendez-vous télévisés présidentiels du mercredi soir et les changements de vie considérables, il est plus que jamais important que nos dirigeants soient sensibles au thème du bien-être en entreprise. L’autre solution est qu’ils fassent appel à des professionnels du bien-être et organisent des séances wellness en entreprise. Elles sont toutes aussi vitales, voire plus encore, que l’indétrônable After Work de la vie d’avant.

Les risques de vouloir faire trop bien

Les Open Spaces sont sans conteste plus conviviaux et égalitaires. Fini le petit bureau, le moyen bureau et le grand bureau. La partialité individuelle nous est désormais servie sur un plateau. Mais qu’en est-il de notre capacité à nous concentrer quand à droite, à gauche, devant et derrière, les échanges téléphoniques fusent. Quand les invitations à se rendre à la machine à café arrivent les unes après les autres. Quand même légèrement cloisonné, à l’abri au milieu de quelques photos personnelles collées aux parois, mon cerveau ne parvient plus à couper le son et que mon regard est constamment détourné par des ombres qui n’en finissent plus d’ombrager ma productivité ? Certains penseurs considèrent aujourd’hui l’attention comme un « bien commun » menacé, au même titre que l’eau ou les forêts. Donc à quelle branche nous raccrocher aujourd’hui ? Le management n’est pas au bout de ses peines, mais là encore, le challenge est aussi urgent que passionnant. Attention aussi à ce que notre bien-être ne soit pas trop contrôlé géré par notre entreprise. Un patron ou un service RH ne doivent pas devenir des surveillants du bonheur. À ce sujet, j’aborderai dans un autre article la fonction des Happiness Officers, métier de rêve, difficile aussi, et à observer avec clairvoyance…

C’est peut-être pour cela qu’aujourd’hui, on peut être employé de banque le jour et sculpteur sur bois le soir et le week-end. Qu’on peut être serveuse dans un restaurant et influenceuse culinaire ou beauté en dehors. Un vent de liberté souffle dans l’écosystème du travail qui doit désormais porter de l’attention à l’égosystème des employés. Leurs aspirations à développer des talents trop longtemps enfouis et une velléité à apporter plus de Fun dans leur vie révèlent des besoins fondamentaux d’épanouissement.

En ce début d’année 2021, l’entreprise continue d’être chahutée et poursuit sa profonde mutation. Le succès de ce changement repose en grande partie sur des solutions d’amélioration du bien-être individuel, sur la gestion d’un wellness global et à long terme. Une multitude de prestations existent déjà. La plupart d’entre-elles interviennent ponctuellement, apportent un bien fou sur l’instant et Hop, quelques jours après, les mauvaises habitudes reviennent au galop. D’autres, comme la Startup Sustainable wellness Institute, ont une réflexion plus poussée, sous forme de séances de formation au bien-être en entreprise, certes, mais aussi de retraites sur plusieurs jours dans des lieux inspirants. Le suivi du bien-être physique et psychologique en lien avec les relations au travail et l’environnement, sera aussi pris en charge par une application mobile. Les innovations sont déjà là ou se préparent silencieusement pour contre-attaquer des périodes de crise comme celle que nous traversons. En accordant plus d’autonomie aux employés et en apportant du sens dans leur journée, le bien-être comme solution anti-crise au travail peut révolutionner nos vies !